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Rendre tout accessible à tous. Voici le défi que l’Union Européenne demande aux états-membres de relever depuis 2002. Publiant régulièrement des plans d’actions, l’UE incite ainsi les états de l’union à adopter des politiques d’accessibilité. Avec les mêmes objectifs, l’ONU a publié en 2006 une convention incitant les états à prendre des mesures pour élaborer et promulguer des normes relatives à l’accessibilité et pour promouvoir l’accès aux systèmes d’informations pour les personnes handicapées.

En France, c’est en 2005 que les premières mesures sont prises pour imposer aux services publics d’être accessibles aux personnes en situation de handicap. En 2014 puis en 2016, de nouvelles ordonnances confirment le caractère prioritaire de l’accessibilité. Lors du dernier Comité interministériel au handicap qui a eu lieu le 2 décembre 2016 à Nancy, il a été rappelé « la nécessité de repenser et renforcer la politique du handicap en France ».

Ce comité a donné lieu à une liste de quatorze domaines d’actions prioritaires. Notamment « développer des solutions innovantes grâce au numérique », dont le premier point est de « rendre effectifs les nouveaux droits des personnes handicapées en matière d’accessibilité aux services téléphoniques et internet ».

Aujourd’hui, il est donc essentiel d’introduire dans les projets web ces notions d’accessibilité.

A chaque handicap, des outils pour le compenser

Pour rendre le web accessible à tous, il est nécessaire de trouver des solutions pour compenser tout type de handicap. Les mesures permettant l’accessibilité web répondent à quatre grandes familles de handicap :

  • Le handicap moteur (paralysie, perte d’un membre…) impose la compatibilité des sites web avec les technologies d’assistance et des navigations exclusives au clavier ou à la souris.
  • Le handicap auditif (difficulté de compréhension) contraint les contenus des sites web. Une attention particulière devra être donnée à la longueur des textes et à la qualité des vidéos…
  • Le handicap visuel (sensibilité aux contrastes, à la luminosité, la taille et le style de police) impose aux sites web de respecter des règles pour l’ergonomie.
  • Les handicaps cognitifs, mentaux et psychiques (dyslexies, troubles d’attention, difficulté d’organisation…) nécessitent une conception et une navigation simples.

Rendre le web accessible et adapté aux personnes en situation de handicap permet de réduire les inégalités entre les individus et limite la discrimination subie du fait du handicap.

Accessibilité web : référentiel, normes et label

Pour vous aider à rédiger un cahier des charges pour un projet prenant en compte les contraintes de l’accessibilité web, vous pouvez suivre un certain nombre de « règles » édictées dans des normes et référentiels et même par la suite être labélisé.

Normes WCAG

Le WCAP est une norme internationale mise en place par le W3C représentant les règles d’accessibilité relatives aux contenus web. Ces principes sont intemporels et indépendants des technologies. Si le contenu d’un site est perceptible, utilisable, compréhensible et robuste, alors il sera dit « accessible ».

Référentiel RGAA

Le référentiel RGAA est une méthode d’application des normes internationales. En établissant la réussite ou l’échec des critères mis en place, on peut établir un niveau de conformité à la norme. Le référentiel technique du RGAA comprend :

  • Une liste de critères classés en trois niveaux (simple A, double AA et triple AAA) et de tests à respecter.
  • Des références aux critères de la norme WCAG
  • Une base de référence qui est une combinaison des technologies d’assistance et des navigateurs pour réaliser les tests.
  • Des documents descriptifs sur les cas particuliers, des notes techniques, un glossaire…

Label d’accessibilité

Le label e-accessible vise à valoriser les administrations dans leur démarche de mise en place de l’accessibilité dans leurs systèmes d’informations.

C’est un label lourd à obtenir et à conserver, il nécessite :

  • Une lettre d’engagement de la part de l’administration
  • Un référent technique formé à l’accessibilité
  • Un audit annuel
  • La mise en place d’un canal d’accessibilité pour les utilisateurs

Le label comprend cinq niveaux de conformité, constitués chacun de critères A, AA et AAA. Il est presque impossible pour un site web de respecter tous les critères AAA et aucun niveau du label ne le demande. En effet, les critères dépendent du contenu. Certains critères AAA ne seront pas du tout adaptés au contenu de votre site.

Le 7 juin 2016, Pôle Emploi a reçu le label e-accessible http://www.pole-emploi.org/accueil/

« L’accessibilité ne se résumerait-elle pas à simplement respecter les bonnes pratiques W3C, HTML5 … ? »

En quelque sorte oui. Un site accessible, c’est d’abord un site qui respecte le doctype, la fermeture des balises, l’ordonnancement des titres dans une page, les différents rôles html, la pertinence des propriétés alt des éléments… Mais pas seulement. Pour obtenir un site web accessible, W3C a mis en place des spécifications techniques afin d’accroître l’accessibilité des contenus web : ARIA. C’est une surcouche sémantique permettant de rendre les contrôles d’interface et les contenus dynamiques plus accessibles. ARIA permet de connaître l’état d’un élément (par exemple : plié ou déplié).

Et pour les mobiles alors ?

Pour l’instant, aucune norme ou label ne permet de mesurer le niveau de conformité d’une application mobile. L’accessibilité mobile est une notion essentiellement basée sur les bonnes pratiques de développement. Cependant, il existe des applications « lecteur d’écran » – par exemple Talkback pour Android ou VoiceOver pour iOS – qui permettent aux aveugles d’utiliser leur smartphone. Dans les prochaines années, cette notion devrait faire émerger des normes et des référentiels afin de rattraper le monde du web.

Chrystel Juan

Business Analyst – Digital Accessibility Expert

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